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Il n’y a pas que le golf dans la vie

Par Golf Canada/ Dr Istvan Balyi

Quel est le meilleur moment, pour un enfant, de se spécialiser dans un sport? Bien des gens croient que le plus tôt est le mieux, mais l’est-ce vraiment?


Si votre enfant veut devenir golfeur professionnel, patineur artistique ou athlète d’élite dans quelque discipline sportive, quand devrait-il (ou elle) se spécialiser dans ce sport en particulier?
Cette question provoque de vifs débats chez les entraîneurs et les parents. Trop souvent, dans la plupart des sports, on pousse les enfants à se spécialiser trop tôt.

Trop d’entraîneurs et de parents incitent les enfants à se concentrer sur un sport bien avant le secondaire, car ils croient que ceux-ci vont « manquer le bateau » s’ils tardent à le faire. Ces adultes pensent que les enfants doivent prendre la tête du peloton en consacrant davantage d’heures à leur sport, au détriment de toute autre activité.

Cependant, les recherches tendent à indiquer qu’une spécialisation trop hâtive empêche la plupart des enfants de réaliser leur plein potentiel sportif. Le jeune gagnera peut-être des championnats de hockey pee-wee et bantam, mais ça risque d’être le sommet de sa carrière. Il n’atteindra sans doute pas les ligues d’élite pour briller sur la scène sportive à 19 ans.

Ces résultats étonnent. En quoi la spécialisation pourrait-elle diminuer les chances de succès? Cela tient à ce qu’on appelle la « littératie » physique, à la nécessité d’acquérir une gamme étendue d’habiletés physiques, mentales et affectives au sport.

En examinant les meilleurs athlètes de diverses disciplines, les chercheurs ont remarqué que la plupart d’entre eux se distinguent par leur vaste registre d’habiletés, acquises en pratiquant des sports variés quand ils étaient enfants. Ce genre de polyvalence athlétique ne peut se développer chez les enfants qui se spécialisent dans un seul sport à un trop jeune âge.

(Veuillez noter que nous n’avons pas parlé du problème des lésions de surmenage aux tendons, aux ligaments et aux cartilages de croissances des os résultant d’une spécialisation prématurée. Il existe assez d’études à ce sujet pour en faire une encyclopédie. Et la spécialisation trop hâtive est aussi liée à l’abandon du sport par bien des enfants.)

La spécialisation précoce est-elle mauvaise dans tous les sports? Pas nécessairement, mais les recherches démontrent que très peu de disciplines en bénéficient. Des activités comme la gymnastique, le patinage artistique, le plongeon et la danse nécessitent généralement la spécialisation à un jeune âge. Pour atteindre les plus hauts niveaux d’excellence, l’enfant doit commencer tôt et consacrer presque tout son temps à la pratique cette activité.

Mais des sports comme le golf, le hockey, le soccer, le basketball, le baseball et le tennis, par contre, n’exigent de spécialisation que plus tard. Pour qu’un enfant excelle au sommet de ces disciplines, les recherches indiquent qu’il devrait aussi jouer à d’autres sports jusqu’à l’âge de 14 ans. C’est ce qu’on appelle l’échantillonnage, ou la diversification précoce.

Avant d’inciter votre enfant à se spécialiser très tôt, pensez à Didier Drogba, qui n’a commencé à jouer sérieusement au soccer qu’à 15 ans. Wayne Gretzky, lui, a joué tôt au hockey, mais adolescent, il pratiquait également le baseball, la crosse et le tennis.

Spécialisation précoce ou pratique de plusieurs sports? Voilà une des questions essentielles qu’aborde le Guide du développement à long terme du joueur pour le golf canadien, accessible à golfcanada.ca/dltj.


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Cet article a été publié dans l’édition juin 2017 du magazine Golf Canada. Pour lire l’article dans le format original, cliquez sur l’image.