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Dustin ne compte pas les semaines

Par André Rousseau/lescoulissesdusport.ca
Dustin Johnson (Rob Carr/Getty Images)

AUGUSTA, Géorgie –Après les violents orages de la veille, il faisait un temps magnifique pour la ronde d’exercice du mardi sur les terres de Bobby Jones.

Sur la terrasse, Nancy Lopez dégustait une salade en jasant avec des amis. Un peu plus loin, Craig Stadler me demandait de saluer Jean-Guy Talbot, son copain de Trois-Rivières, et Marc Villeneuve (CIBC Wood-Gundy) me racontait ses souffrances après un accident de ski au Colorado.

Au 18e trou, Phil Mickelson s’amusait à tester le vert sous tous les angles en compagnie de Jon Rahm, un Espagnol de 22 ans qui rêve de suivre les traces de son idole Seve Ballesteros après avoir fait ses études à l’Université Arizona State.

Vers 14h, je suis rentré doucement au Centre de presse pour aller voir ce que Dustin Johnson avait de bon à raconter.

Le grand golfeur de la Caroline du Sud, gendre de Wayne Gretzky, a été établi favori pour gagner le 81e tournoi des Maîtres, mais il serait étonnant que ça l’empêche de dormir. S’il est en avance après 54 trous, ce sera une autre histoire.

Concernant son titre de numéro un mondial, il a déclaré : « J’ai commencé à y croire le jour où Tiger Woods a cessé de jouer! C’est plaisant à entendre, mais je ne compte pas le nombre de semaines où j’occupe le premier rang. Un jour, si je vis jusque-là, je pourrai en parler à mes petits-enfants. »

LE JEU COURT

À six pieds quatre pouces, 190 livres, Johnson est reconnu mondialement pour la puissance et la précision de ses coups de départ. Ses coups de canon lui confèrent un net avantage sur la majorité des autres joueurs. Pas besoin d’être un génie pour savoir qu’il est plus facile d’atteindre le vert avec un fer 9 qu’avec un long fer.

« J’ai commencé à frapper la balle à mon goût après le tournoi de Doral l’an passé, dit-il. J’ai de plus en plus confiance en mes moyens. Malgré certaines défaites qui ont été dures à avaler, j’ai toujours cru que je pouvais atteindre le sommet. Toutefois, il ne suffit pas de frapper loin pour gagner un tournoi majeur.

« Il faut aussi que tu excelles sur le jeu court, particulièrement ici à Augusta. J’ai toujours aimé ce parcours et j’ai obtenu de meilleurs résultats durant les trois ou quatre dernières années. Tout ce que je souhaite, c’est de jouer assez bien pour être parmi les meneurs dimanche après-midi. »

Johnson a été peu bavard au sujet de son fameux beau-père. L’ancien joueur étoile des Oilers ne peut certainement pas améliorer son élan, mais il lui aurait conseillé fortement de travailler fort et de se consacrer entièrement à son métier.

Durant les 14 derniers mois, le grand Dustin a mis les bouchées doubles pour perfectionner ses coups d’approche. « Je peux maintenant jouer de trois façons différentes avec chaque wedge et je contrôle mieux mes distances, dit-il. Par exemple, je peux cogner la balle entre 85 et 105 verges avec le lob wedge, selon l’élan que je choisis. »

On a dit et écrit toutes sortes de choses au sujet de Dustin Johnson, souvent pas très gentilles, mais le colosse de 32 ans est en train de « fermer le clapet » de ses dénigreurs. Il revendique 13 victoires sur le circuit de la PGA, y compris son éclatant triomphe à Oakmont dans l’Omnium des États-Unis, l’été dernier. Le temps nous dira s’il peut devenir un des grands champions de sa génération.

RORY ET JACK

En fin d’après-midi, Rory McIlroy et le vénérable Jack Nicklaus, six fois champion à Augusta, ont rendu visite aux journalistes dans la nouvelle salle de presse Hi-Tech.

« Je ne suis pas le favori cette année et ça fait bien mon affaire, a dit McIlroy. J’ai joué 98 trous ici durant les deux dernières semaines pour me sentir en confiance. Je suis heureux lorsque je passe 5 heures à l’intérieur des câbles. Je sais mieux que quiconque qu’il ne faut pas jouer du golf de rattrapage à Augusta. J’espère donc être en mesure d’avoir de bons résultats dès le départ. Si je peux mieux jouer au 4e trou et au 11e trou, ça devrait bien aller. L’an passé, j’ai joué 9 coups au-dessus de la normale sur ces deux seuls trous. »

Du haut de ses 77 ans, Nicklaus a répondu aux questions des scribes pendant une bonne demi-heure. Voici en gros ce qu’il a dit:

  • « Je pense que les chances de Phil Mickelson sont meilleures que les miennes à 46 ans. Il est mieux préparé que je l’étais, il frappe encore la longue balle et il est un magicien autour des verts. »
  • « Jordan Spieth est un jeune homme intelligent, talentueux et très fort mentalement. Il se servira de sa mésaventure de l’an passé (au 12e trou) pour revenir en force. Vous n’avez pas fini d’entendre parler de lui. »
  • « Lexi Thompson a commis une erreur, sans doute involontaire, et ça lui servira de leçon. C’est une bonne personne. Je pense aussi qu’il n’y a plus rien à faire une fois que la carte est signée. Les gens de la USGA font de leur mieux. Toutefois, si un joueur est pris en défaut, il faut l’aviser sur-le-champ et ne pas attendre au lendemain. Ils ont mal agi envers Dustin Johnson à Oakmont. J’ai eu une vive discussion avec Mike Davis à ce sujet. Il m’a téléphoné le lendemain pour me dire que j’avais raison. J’ai apprécié son geste. »

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