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Un trophée unique

Le trophée olympique de golf connaît en ce moment une renaissance historique. Le retour du golf aux Jeux olympiques cet été a en effet projeté la splendide coupe en argent sterling sous les feux de la rampe où elle brille de mille éclats, alors qu’elle était restée quasiment dans l’ombre pendant des décennies.

Le réseau Golf Channel a présenté le trophée aux téléspectateurs plus tôt cette année à l’émission Morning Drive. Il est apparu en public à diverses occasions pour faire valoir le golf olympique, notamment à l’Omnium canadien RBC et au Tournoi sur invitation WGC-Bridgestone l’an dernier, ainsi qu’au PGA Merchandise Show d’Orlando, en Floride, cet hiver. Et son agenda est bien chargé pour les prochaines semaines (voir ci-dessus) : on devrait le voir au Royal Troon Golf Club, en Écosse, pour l’Omnium britannique, avant son retour la semaine suivante à Glen Abbey pour l’Omnium canadien RBC, puis il sera probablement à Rio de Janeiro du 5 au 21 août, à l’occasion des compétitions masculines et féminines de golf olympique.

Remis au Torontois George S. Lyon en 1904 à St. Louis, Missouri, le trophée n’a jamais autant brillé qu’aujourd’hui, même s’il était jusqu’ici exposé en permanence au Musée et Temple de la renommée du golf canadien, sur le terrain du Glen Abbey Golf Club d’Oakville, en Ontario. Ce retour sur la scène mondiale lui a redonné sa place parmi les plus prestigieux trophées de golf.

« Ayant souvent participé à l’Omnium canadien disputé à Glen Abbey, j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’admirer le trophée olympique remporté par George Lyon en compétition individuelle », souligne Ben Crenshaw, deux fois champion du Tournoi des Maîtres et historien de golf réputé. « M. Lyon était l’un des plus grands golfeurs amateurs de l’histoire canadienne. Il jouait très bien, et sa victoire olympique de 1904 en éliminant Chandler Egan fut sans contredit le couronnement de sa carrière. C’est malheureux qu’il n’ait pas eu la chance de défendre son titre, puisqu’à compter de 1908, le golf était exclu des Jeux olympiques. »

Quelques compatriotes de Lyon reprennent le flambeau plus d’un siècle après son exploit : cet été, l’équipe de golf olympique du Canada ira au Brésil pour défendre notre médaille d’or. Le trophée est un puissant symbole pour nous rappeler cette victoire qui, au tableau des grands accomplissements golfiques canadiens, figure aux côtés de celle de Mike Weir au Tournoi des Maîtres en 2003.

« Il y a une sorte d’aura qui entoure ce trophée », déclare Nick Taylor, un des pros canadiens qui se sont illustrés sur le PGA TOUR et qui tentent de se tailler une place au sein de l’équipe olympique masculine. « Quand on s’en approche, on le ressent. C’est spécial. »

Le journaliste chevronné Lorne Rubenstein partage cette impression. Un de ses premiers boulots au golf fut d’être conservateur du Musée et Temple de la renommée du golf canadien dans la grande salle du rez-de-chaussée de l’ancien monastère jésuite de Glen Abbey. Aujourd’hui membre du Temple de la renommée lui-même, il se souvient avec plaisir des moments qu’il a passés à proximité de cette icône de l’histoire golfique.

« Le trophée olympique était exposé à la place d’honneur, sur son propre piédestal au centre du musée, se rappelle Rubinstein. Chaque jour, je me faisais un devoir d’aller voir cette coupe majestueuse, richement ornementée, qui semblait monter la garde dans cette salle où la lumière pénétrait à travers les fenêtres serties de plomb. Elle me semblait presque mystique. Le trophée appartenait au Canada et à tous les golfeurs. Je me suis longtemps demandé si on verrait un jour le golf revenir aux Jeux olympiques et si des golfeurs de partout dans le monde se disputeraient ce trophée emblématique, absolument unique parmi tous les trophées de golf. »

La coupe, faite d’argent sterling 26 points comme tous les trophées et médailles de golf olympique des Jeux de St. Louis en 1904, avait été commandée par le club hôte des compétitions, le Glen Echo Country Club. C’est une entreprise de l’endroit, J. Bolland Jeweller Co., qui avait dessiné et fabriqué le trophée orné sur un côté d’une gravure représentant le grandiose pavillon de Glen Echo.

Fred Lyon, le fils de George S. Lyon, a fait don du trophée, ainsi que des bâtons utilisés par son père aux Jeux olympiques, lorsqu’il était au Conseil des gouverneurs de l’Association Royale de Golf du Canada (RCGA, aujourd’hui Golf Canada), à la fin des années 1950.

« Dans les années 1950, la RCGA avait commencé à collectionner des documents historiques et des objets souvenirs dans le but de créer une bibliothèque et un musée », explique Meggan Gardner, conservatrice actuelle du Musée et Temple de la renommée du golf canadien. « C’était généreux pour la famille Lyon d’offrir en don ces précieux morceaux de leur héritage. C’est sans contredit le joyau de notre couronne. »

Comme le souligne Rubenstein, le joyau de la couronne golfique canadienne est sur le point de briller à l’échelle mondiale.

« Il n’y a jamais eu rien de tel, dit-il. Dans mon esprit, je vois toujours le trophée trônant au centre du musée, m’attirant comme il a attiré tant de visiteurs, et comme il attirera l’attention du monde entier cet été lors des Jeux olympiques de Rio de Janeiro. »


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Un trophée unique

Cet article a été publié dans l’édition de mai 2016 du magazine Golf Canada. Pour lire l’article dans le format original, cliquez sur l’image à la gauche.

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