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Regard sur l’histoire du Club de golf Kanawaki

Par Golf Canada

Cette semaine, le Club de golf Kanawaki de Kahnawake, près de Montréal, accueille le Championnat canadien sénior masculin. Voici un aperçu de ce parcours, conçu par Charles et Albert Murray, pionniers de l’architecture de golf au Canada.

Le premier club de golf en Amérique du Nord a été fondé en 1873 lorsqu’un parcours a été aménagé à Fletcher’s Field par un permis de la ville de Montréal. Ce club s’est appelé le Montréal Golf Club. Devant la croissance de la ville et l’étalement urbain des 20 années suivantes, il est devenu évident que le club serait contraint de déménager. Donc en 1896, le club, qui avait obtenu pendant ce temps la permission d’ajouter le mot « Royal » à son nom, a été relocalisé à Dixie, à Lachine. Un certain nombre de membres ont toutefois préféré rester au même endroit et ils ont formé un club de neuf trous qu’ils ont appelé le Metropolitan Golf Club.

Au mois de septembre 1902, quelque cinquante de ces membres ont décidé d’établir le Outremont Golf Club. Ils ont loué des terres agricoles entre les avenues Rockland et Pratt où ils ont procédé au financement et à la construction d’un parcours de neuf trous. Le club comptait 212 membres et Son Honneur M. Recorder Weir en a été le premier président. Le club a poursuivi ses activités jusqu’en 1922, même si chaque année son territoire rétrécissait suite à la vente de lots pour la construction domiciliaire.

En 1910, M. J. Harry Birks, voyant qu’il faudrait tôt ou tard trouver un nouvel emplacement, a entrepris d’identifier un site futur pour le club. On a fait une offre ferme pour une propriété dans le secteur de Ville LaSalle, près de l’approche actuelle du pont Mercier, mais le terrain a été vendu au plus offrant. Vers la même période, un Indien de Kahnawake nommé Meloche a rendu visite à M. Birks pour réclamer le loyer dû à l’installation d’un panneau de publicité sur sa propriété. Il lui a indiqué alors qu’une partie de la réserve pourrait très bien répondre aux exigences d’un club de golf. On s’est entendu avec Meloche pour faire traverser le fleuve à partir de Lachine à un groupe de membres incluant M. Birks, pour que ceux-ci puissent inspecter le site proposé. Le site en question s’est avéré plutôt marécageux et parsemé de broussailles. On a procédé à l’arpentage du terrain et, même si le rapport d’ingénieur faisait état de certains problèmes de drainage inquiétants, on a pris la décision de procéder à la construction du parcours.

Le Kanawaki Golf Club a été incorporé par une loi de la législature québécoise (2 Geo V c. 131) sanctionnée le 14 mars 1912. La loi d’incorporation prévoyait que tous les membres du Outremont Golf Club devenaient membres du nouveau club. Cependant, les deux clubs ont continué d’exister pour dix ans encore jusqu’à l’expiration du bail du club Outremont. Les clubs ont fusionné par la suite.

Le tableau qui décore le mur sud de la salle à manger, une représentation de l’ancien Outremont Golf Club, est l’oeuvre de Maurice Cullen ARC. Il a été acquis en 1915 grâce à la contribution financière privée de 19 membres.

LE TERRAIN
On a entrepris les travaux en 1910 par le creusage de plusieurs fossés qui s’étendaient bien au-delà des limites de la propriété du club. Le terrain a été complètement entouré de clôtures et le travail de débroussaillage et de dynamitage des rochers a commencé. Lors de la construction du pont de chemin de fer au-dessus du Saint-Laurent plusieurs années auparavant, le remblai servant à ériger le talus protégeant l’emprise de la voie ferrée avait été tiré de la portion de terrain qui fait actuellement face au chalet. Cela explique en partie la topographie particulière de la zone qui s’étend du vert du 12e trou jusqu’au tertre de départ du 4e trou, pour bifurquer ensuite vers le vert. Le bol formé par le vert du 9e trou était un immense trou qu’on a rempli de tonnes de roches et de remblai pour le relever à un niveau acceptable. Fait particulier, le chemin situé à l’ouest de la propriété constituait l’emprise du premier lien ferroviaire entre le Canada et les États-Unis. Ce chemin de fer allait du quai de Kahnawake jusqu’à Mooers Junction, N.Y.

Les travaux d’aménagement du terrain ont progressé en 1911 et 1912 suivant un plan tracé par Charles Murray, professionnel au Royal Montreal, et son frère Albert. Cependant, le parcours n’a été ouvert au jeu qu’à la toute fin de l’été de 1913, alors que 15 trous avaient été complétés. Le parcours de 18 trous était prêt pour la saison 1914, même si on a rallongé les trous peu après à mesure que le terrain était nettoyé et aménagé.

Les nombreux arbres qui suscitent l’admiration de tous aujourd’hui sont le résultat d’un programme de plantation bien calculé entrepris au moment de la construction du terrain et poursuivi depuis des années. Il est intéressant de constater que les érables et les ormes majestueux qui ornent aujourd’hui certains secteursdu parcours peuvent facilement être identifiés sur les vieilles photos du club. On retrouvait généralement de denses sous-bois et des terrains marécageux à l’extérieur des allées; le travail de nettoyage et de drainage de l’herbe longue se poursuit de nos jours.

LE PARCOURS
Les premiers neuf trous du parcours sont essentiellement les mêmes que ceux du dessin initial. Il y a bien eu de nombreuses modifications et améliorations sur chacun des trous au cours des années, mais la séquence des trous et le plan général n’ont pas changé. Le vert du 3e trou, qui était très grand à l’origine, a été remplacé en 1933 par deux verts plus petits. Le vert du 7e trou a aussi été réaménagé sur une surface plane, à la droite du vert actuel.

En 1970, des changements substantiels ont été apportés au vert du 2e trou et le vert du 3e trou a été refait pour constituer un seul grand vert. Le 5e trou a été redessiné, avec la construction d’un nouveau vert sur la portion de terrain surélevée qui est située à la gauche du départ du 6e trou.

Fait intéressant à noter, la distance totale des premiers neuf trous sur la carte de scores de 1914 était de 3220 verges, pour une normale de 37, comparée à la distance actuelle de 3199 verges à normale 35. Le neuf de retour a cependant fait l’objet de changements importants et plutôt radicaux au cours des années. Dans chacun des cas, ces changements ont suscité parfois de vives controverses au moment où ils ont été présentés aux membres. Il n’existe aucune description aujourd’hui qui permettrait d’identifier le tracé du parcours en 1914; l’hypothèse la plus plausible est que le deuxième neuf trous ne pouvait profiter de l’espace occupé actuellement par les trous 11, 14 et 15. Il semble bien que les trous 13, 14, 15 et 16 du temps aient été aménagés dans la partie du terrain délimitée à l’est par une ligne allant du tertre de départ actuel du 13e trou au départ du 16e trou et englobant les 16e, 17e et 18e trous actuels.

On croit que le tracé original de ces trous n’a pas été utilisé longtemps, car la partie de terrain couvrant les trous 11 et 15 actuels a été préparée et drainée, à la suite de quoi les trous du neuf de retour ont été réorganisés. Le nouveau plan plaçait les trous plus courts aux environs du 11e trou actuel, prévoyait un long 14e trou, soit le 13e trou actuel allongé à 545 verges, et un trou coudé vers la gauche aboutissant au vert du 15e trou. Le dernier changement majeur a été proposé aussi tôt qu’en 1930, mais il n’a été réalisé qu’en 1953. Il s’agissait d’abandonner un des trous courts au 11e et 12e trous et de le remplacer par le 14e trou actuel. Plusieurs membres ont contesté ce plan chaque fois qu’il a été présenté. Les années de crise économique, suivies de près par la Deuxième Guerre mondiale, ont contribué à augmenter les délais. Finalement, le plan a reçu l’aval des membres en 1953, mais non sans une vive opposition. Aujourd’hui, les critiques ont peu à peu disparu, même si cela fait encore jaser les vieux membres à l’occasion. En 1963, un projet majeur s’est concrétisé par l’installation d’un système d’arrosage complet du parcours avec l’eau puisée dans la Voie maritime du Saint-Laurent.

LE CHALET
Lors de sa construction en 1913, le chalet comprenait la salle à dîner actuelle, la cuisine, des casiers au rez-de-chaussée et un vestiaire à l’étage. Il s’agissait d’une structure modeste qui a très bien répondu aux besoins des membres pendant quinze ans, mis à part quelques changements mineurs. Comme il n’y avait pas d’électricité dans le secteur, l’éclairage était assuré par des lampes à acétylène. L’eau provenait de puits à ciel ouvert et elle était pompée à un réservoir situé sous le tertre de départ du 1er trou. La salle à dîner servait un nombre limité de personnes et les membres devaient réserver à l’avance s’ils avaient l’intention de rester pour dîner. Les boissons alcooliques étaient interdites sur les lieux, règle qu’on appliquait strictement en fouillant fréquemment les casiers et en confisquant toute boisson qu’on y trouvait.

En 1925, les premières améliorations d’importance ont été réalisées. Une ligne électrique a relié le club à la Jonction Adirondack, on a creusé un puits artésien et on a érigé un réservoir d’eau. Le club comptait alors un nombre maximal de membres et les installations devenaient de plus en plus inadéquates. En 1928, le comité exécutif a donc reçu le mandat d’élaborer un programme de construction visant à ajouter une aile à la partie ouest du chalet pour loger les bureaux, le vestiaire des hommes et la boutique du professionnel, à prolonger la partie est pour fournir de meilleures installations au club des dames, à agrandir la cuisine et à ajouter un casse-croûte.

Un système de gicleurs a été installé en 1938 et la boutique du professionnel a été agrandie en 1949.

La plus récente addition au chalet, complétée en 1956, comprenait le « Club Room », la conversion du casse-croûte en salon des hommes ou salle des trophées (salon Gordon B. Taylor aujourd’hui) et la modernisation de la terrasse.

Le chalet a fait l’objet d’un bon nombre de changements et de réaménagements majeurs au cours des années, mais il n’en garde pas moins tout son charme et sa simplicité originale tout en continuant de bien servir les membres.

Kanawaki accueille l’Omnium Canadien de 1929, remporté par le légendaire Leo Diegel.

Le film de Disney ‘’Un Parcours de légende’’, mettant en vedette Shia LaBeouf et basé sur l’histoire véridique de Francis Ouimet lors du US Open de 1913, a été filmé à Kanawaki, et certains de nos membres ont eu le privilège d’y être figurants. Notre golfeur professionnel John Murray a entrainé les acteurs et a servi de doublure pour certaines scènes.

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