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Brooke Henderson : un cadeau pour le Canada

Par John Gordon
(Montana Pritchard/ Getty Images)

J’avoue que je brûle les étapes, mais quand Brooke Henderson publiera son autobiographie, elle pourrait les mots « foi » et « famille » dans le titre.

J’en veux comme preuve son gazouillis après avoir gagné son quatrième titre de la LPGA, le Championnat Meijer de la LPGA, le jour de la fête des Pères, il y a quelques semaines : Merci à mon papa et à Dieu notre père pour cette journée sensationnelle!

À 19 ans et à sa deuxième année seulement sur le grand circuit, Henderson a déjà, avec ses quatre victoires, égalé le record canadien établi par Lorie Kane. Cette semaine, elle défend son titre du Championnat de la LPGA KPMG à l’Olympia Fields Country Club, près de Chicago.

En remportant le Championnat de la LPGA de 2016 au Sahalee Country Club de Washington, elle devenait la première Canadienne depuis Sandra Post en 1968 à enlever un titre majeur.

Post, Kane et Henderson ont des airs de famille. Sous des dehors de gentillesse, elles cachent un sens farouche de la compétition. Toutes trois ont grandi dans des petites villes (Post à Oakville, en Ontario, Kane à Charlottetown, dans l’Île-du-Prince-Édouard, et Henderson à Smiths Falls, en Ontario) et toutes trois ont été initiées au golf par leur père.

Je m’en voudrais de ne pas mentionner la Québécoise Jocelyne Bourassa, née à Shawinigan, qui fut la recrue par excellence de la LPGA en 1972. L’année suivante, elle gagnait notre championnat national ouvert féminin, alors appelé La Canadienne et aujourd’hui baptisé Omnium féminin CP.

En cette année du 150e anniversaire du Canada, le plus grand défi d’Henderson sera peut-être de répéter l’exploit de Bourassa, dernière Canadienne à avoir enlevé le titre national de son pays. La pression sera d’autant plus forte que le tournoi aura lieu du 21 au 27 août à l’Ottawa Hunt and Golf Club qu’Henderson considère dorénavant comme son club d’attache.

Mais Henderson, toujours pleine d’assurance, a l’habitude de la pression qui, au lieu de la faire crouler, la motive.

Lors d’une récente audioconférence, elle a déclaré être « emballée » à l’idée de défendre son titre de la LPGA, d’autant plus qu’elle recevait des appuis enthousiastes.

Tout en restant concentrée sur ses objectifs professionnels, elle est consciente de l’impact qu’elle a sur le golf, particulièrement au Canada. Ses succès, comme ceux de Bourassa, Post et Kane, sont inspirants.

« J’ai bien sûr des objectifs personnels, mais mon impact sur le golf est pour moi quelque chose d’énorme. Des personnes de tous âges sollicitent mon autographe ou veulent se faire photographier avec moi. J’espère sincèrement pouvoir contribuer au mieux-être du golf. »

Henderson a la chance d’avoir comme cadet sa sœur Brittany, elle aussi une golfeuse accomplie Sa mère et son père, qui est aussi son entraîneur, les accompagnent souvent dans leurs déplacements. (Mentionnons qu’Henderson, ex-membre d’Équipe Canada, a beaucoup appris sous la tutelle de Tristan Mullally, entraîneur-chef de la formation amateur féminine.)

« Je remercie du fond du cœur ma famille qui m’a toujours soutenue. Ma sœur est ma cadette, mon père mon entraîneur, et ma mère ma meneuse de claque. Rien de tout ceci ne serait arrivé sans les sacrifices qu’ils ont faits.

« Je pense que tout le monde a un don particulier et j’espère faire fructifier le mien au maximum. »

Henderson, cette surdouée, est sans nul doute un cadeau pour le golf canadien.

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